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Archéologie

La colline de Sion et ses environs, des lieux occupés par l'homme depuis plus de 4000 ans.

Des Origines à l’âge du Bronze

Grâce à la découverte de divers objets en silex, des archéologues ont attesté de la présence de campements ou d’ateliers de taille des chasseurs-cueilleurs dès le Paléolithique sur le territoire de la colline. Des vestiges d’habitat permanent de la période du Néolithique ont été mis au jour à Marainville-sur-Madon (Vosges, à quelques kilomètres de la Colline). Ils appartiennent à un groupe de maisons collectives caractéristiques des premiers agriculteurs-éleveurs au VIe millénaire avant J-C.

hâche à perforation centrale du Néolithique - cg54
silex de l'Age de Pierre - cg54

Un centre aristocratique et économique à l’âge du Bronze (XIe-Xe siècles avant J.C.)

Saxon-Sion, "La Côte de Sion" : épingle, haches à douille et faucille en bronze de l'âge du Bronze final- Claude Philippot

A partir du IIe millénaire avant notre ère, les premières communautés, possédant la métallurgie du bronze, s’installent sur le site.
Il semble qu’aux XIe et Xe siècles avant J.-C. le site ait connu une expansion spectaculaire, dans le cadre de la culture dite des « Champs d’Urnes ». Les fouilles du XIXe siècle et celles plus récentes ont mis au jour de nombreux objets de la vie quotidienne : céramiques, parures, ossements d’animaux. La découverte à Sion de perles de verre probablement importées du bassin méditerranéen, d'armes (épée, pointes de lance) et de possibles éléments de harnachement de chevaux dévoile une société  basée sur une élite guerrière et maîtrisant déjà les échanges à longue distance. 

Le premier âge du Fer : le temps des « princes » celtes (VIIIe-Ve siècles avant J.C)

À partir du VIIe siècle avant J-C, la prédominance d'une élite guerrière est confirmée dans les environs de Sion grâce à la découverte de riches tombes à épée, notamment à Marainville sur Madon (Vosges). Cet essor s’accompagne d’une fortification du site, considéré comme une plaque tournante d’un commerce étendu jusqu’aux civilisations urbaines de Grèce et d’Etrurie.

Cette montée en puissance se traduit notamment par l’apparition de riches tombes aristocratiques à char, au coeur de tumulus. Celles de Diarville (54) correspondent à l’apogée de ce phénomène, à la fin du VIe siècle avant J-C.
C’est au cours du Ve siècle avant J-C que le monde des Princes celtes s’essouffle en même temps que le site de Sion semble perdre de son importance économique, jusque là exceptionnelle.

Diarville Devant Giblot, reconstitution du char, réalisée par le laboratoire de restauration du Musée de Mayence - Musée de Mayence
Diarville Devant Giblot, les épées en fer des tombes de guerriers des Tumulus - Claude Philippot
Haroué Bois de Voivre, fibule en ambre à disque d'or - Musée Lorrain

Le site de Sion à l’époque gauloise (Ier siècle avant J-C.)

L’occupation gauloise est attestée sur la colline grâce à la découverte d’un grand nombre d’objets du quotidien. À cette période, la région sud de la Lorraine est contrôlée par la tribu des Leuques qui a probablement développé à Sion un oppidum, une agglomération fortifiée, centre économique, politique voire religieux caractéristique du second âge du Fer.
Le rôle commercial de Sion est une nouvelle fois affirmé grâce aux découvertes de céramiques dites campaniennes et d'amphores à vin venues d'Étrurie (témoignages des échanges entre la Gaule et l’Italie). De nombreuses pièces de monnaies de la tribu des Lingons (région de Langres) et un fragment de céramique de la vallée du Rhône confirment les relations entretenues avec les régions plus au sud. Un graffiti en caractères grecs constitue le plus ancien témoignage connu de l'utilisation de l’écriture en Lorraine.

Saxon-Sion, La Côte de Sion : monnaies gauloises - DRAC Lorraine/SRA
Saxon-Sion, La Côte de Sion : graffiti en caractères grecs sur un fond de céramique - DRAC Lorraine/SRA

Le site de Sion à l’époque gallo-romaine (Ier – IVe siècles après J.C)

Saxon-Sion, La Côte de Sion, Inscription en l'honneur de Mercure et Rosmerta, Musée Lorrain - Pierre Mignot
Saxon-Sion, La Côte de Sion : statuettes gallo-romaines en bronze représentant un prêtre et une victoire ailée- LAM, Jarville


De nombreux vestiges d’habitation ont été mis au jour sur le site pour cette période   : fondations de murs, caves, fragments de mosaïques. Cet ensemble reflète une certaine richesse, qui se traduit aussi par du mobilier : fibules, épingles, plats et statuettes en bronze (dont le célèbre Hermaphrodite).  Au lieu-dit Les Grands Champs (sur la colline de Sion), une nécropole a livré plusieurs tombes à incinération ou à inhumation. Enfin, une inscription au dieu romain du commerce Mercure et à la déesse gauloise de la fertilité et de l’abondance Rosmerta semble indiquer l’existence d’un sanctuaire gallo-romain.

Le Haut Moyen-Âge (Ve-VIIIe siècles après J.C.)

Saxon-Sion, La Côte de Sion, stèle funéraire de Nicetius
Chaouilley-aux-Ecailles, paire de fibules ansées digitées - Musée d'Archéologie Nationale
Tantonville, Le Haut du Clos, corne à boire en verre de l'époque mérovingienne - Jacques Guillaume

Après l’effondrement de l’Empire romain, l’évolution de la région est peu ou mal connue.
Sion constitue alors un pôle de christianisation précoce dont la stèle funéraire de Nicetius est le témoin. Durant les VIème – VIIème siècles, Sion serait le chef-lieu du pagus du Saintois jusqu’à la naissance du comté de Vaudémont.
La nécropole de Chaouilley (Meurthe et Moselle) a livré plusieurs tombes aristocratiques du VIe siècle qui comptent parmi les plus riches jamais découvertes en Lorraine.

A partir du XIe siècle, le centre économique et politique de la région se déplace à Vaudémont, tandis que le site de Sion s'affirme comme lieu de culte.

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